Sniffy crée et entretient la polémique ...

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03.06.2024

Les « créateurs » de la poudre énergisante à sniffer » avaient-ils prédit la levée de bouclier engendrée par le lancement de leur poudre énergisante à inhaler par le nez, baptisée Sniffy ? Pas sûr.

De couleur blanche (tiens, tiens), cette « poudre à sniffer » procurerait, selon le site qui la commercialise « un regain d’énergie instantané » pendant « vingt à trente minutes. »

Déclinée en plusieurs aromatisations – fruit de la passion, menthe fraîche, bonbon fraise par exemple, la poudre est composée d’ingrédients que l’on retrouve dans les boissons énergisantes – L-arginine, L-citrulline, caféine, taurine, créatine, maltodextrine.

Le pot de 1 g de poudre est vendu 14,90 €, sur le site de la marque, ou chez les buralistes.

Différence avec une boisson : la poudre est inhalée par le nez à l’aide d’une pipette. Un mode de consommation qui rappelle celui de la cocaïne. C’est lui qui crée la polémique : « sniffer » la poudre entretient la confusion et donne le sentiment que l’on consomme de la cocaïne, que l’on en ressent les effets, sans pour autant que ce soit de la drogue. Une banalisation de la cocaïne en quelque sorte.

Sur son site, la marque ironise : « une poudre blanche qu’on inhale par le nez ? Pas d’amalgame, Sniffy est légale ».

  • Un vide juridique

Cette apparente légalité a de quoi surprendre. Présentée par certains comme un complément alimentaire, Sniffy n’en est pas un. Lequel doit être consommé par voie orale.

En outre, la poudre ne figure pas dans la liste Téléicare et n’a donc pas été déclarée comme complément alimentaire.

Sur quelle base juridique la poudre pourrait-elle être retirée de la vente ? L’article L3421-4 du Code de santé publique punit la présentation sous un jour favorable de l’usage de stupéfiants ainsi que l’incitation à l’usage de substances présentées comme ayant les effets de substances ou de plantes classées comme stupéfiantes. Mais dans la mesure où ses composants sont autorisés, la poudre peut-elle être interdite ?

  • Réactions de santé publique et des politiques

Les addictologues sont vent debout contre cette poudre. Reste que, dans ce vide juridique, tous les regards se tournent vers les politiques pour qu’ils interdisent Sniffy. Invitée de l’émission La Matinale de France Inter, vendredi 31 mai, la ministre du travail, de la santé et des solidarités, Catherine Vautrin, a en substance déclaré qu’elle allait tout mettre en œuvre pour interdire la poudre. Cité par Le Monde, le président de la Confédération des buralistes, Philippe Coy, estime « à quelques dizaines au plus » le nombre de bureaux de tabac qui en commercialisent.

  • Les (potentiels) consommateurs rejettent massivement la poudre

Interrogés dans une étude flash via le net le 29 mai 2021 (méthode des quotas) par le cabinet Expansion Consulteam, les consommateurs (45 ans d’âge moyen) rejettent la poudre. Ce sont même les 15-30 ans – pourtant la cible de la poudre- qui la rejettent à 98 %.

Pour 94 % des personnes du panel, le produit évoque une pratique illicite

82 % des participants sont pour son interdiction. Si tel est le cas, 88 % veulent une interdiction immédiate.

Enfin, 87 % des personnes jugent le produit inacceptable.

  • Qui se cache derrière Sniffy ?

Contactée via son site internet, la société qui propose Sniffy n’a pas répondu aux sollicitations. Son site internet a été publié par Power Factory, société immatriculée à Marseille.

Selon BFM TV, la poudre aurait été lancée par la société Highbuy, qui dispose de locaux d’une zone d’activité du 11ème arrondissement de Marseille.

Cette société a été créée par deux entrepreneurs marseillais, présents dans plusieurs sociétés de commerce, d’immobilier ou de gestion. 

La société Highbuy propose de nombreuses références à base de CBD : des puffs, de la résine, des fleurs, des cigarettes pré-roulées, des boissons alcoolisées (du rhum arrangé). Elles sont commercialisées auprès des professionnels sous les marques Tengrams, White Rabbit.

Certaines références contiennent du THCJD (tetrahydrocannabioctyl, un actyl cannabinoïde) aux effets « relaxants » puissants (20 fois plus que ceux obtenus avec le THC).

  • Réelle rupture de stock ? ou reculade des metteurs sur le marché ?

Depuis quelques jours, la marque affiche sur son site que la poudre est en rupture de stock. Vues les levées de bouclier que son lancement a suscité, son rejet par les consommateurs, cette rupture pourrait être « diplomatique. » Comprendre : un arrêt pur et simple de sa commercialisation.

A moins qu’il ne s’agisse d’une rupture permettant de montrer que la poudre a trouvé son marché… Une « « stratégie de la pénurie » en quelque sorte pour le moins cynique.

La marque Sniffy possède un peu plus de 1 200 followers sur Instagram ; sur Tik Tok, leurs vidéos auraient dépasse les 2,5 millions de vues.

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