Alors que les traitements à base d’analogues du GLP-1 connaissent un essor spectaculaire aux États-Unis, leur utilisation reste encore limitée en France. Mais une nouvelle étude Ifop pour Darwin Nutrition révèle un potentiel d’adoption important : près d’un adulte sur cinq se dit prêt à y recourir pour perdre du poids. Une tendance qui soulève des questions sur les motivations des consommateurs, l’influence des réseaux sociaux et les risques de développement d’un marché parallèle.
Une utilisation encore marginale en France
Le phénomène GLP-1 pourrait-il prendre en France une ampleur comparable à celle observée outre-Atlantique ? C’est la question à laquelle s’est intéressé l’Ifop dans une enquête réalisée pour Darwin Nutrition auprès de 3 004 Français, dont les résultats ont été dévoilés le 2 novembre 2026.
Premier constat : malgré la forte médiatisation des traitements de type Ozempic ou Wegovy, leur utilisation reste encore relativement limitée dans l’Hexagone.
Selon l’étude, 4 % des Français déclarent avoir déjà utilisé des médicaments contre l’obésité de ce type pour perdre du poids, tandis que 2 % indiquent en prendre actuellement.
À titre de comparaison, les données américaines citées dans l’enquête font état de 15 % d’adultes ayant déjà eu recours à ces traitements et de 11 % d’utilisateurs au moment de l’enquête.
La France apparaît donc encore largement en retrait par rapport aux États-Unis.
Cette utilisation demeure également très minoritaire au regard des autres pratiques de gestion du poids. Ainsi, 66 % des Français déclarent avoir déjà cherché à maigrir en mangeant plus sainement, 49 % en pratiquant une activité physique et 20 % en consultant un diététicien.
Les compléments alimentaires brûle-graisse ou coupe-faim ont, quant à eux, déjà été utilisés par 15 % des personnes interrogées.
Autre particularité relevée par l’Ifop : contrairement à la plupart des autres solutions minceur, le recours aux médicaments anti-obésité apparaît davantage masculin que féminin, avec 6 % d’hommes concernés contre 4 % de femmes. Cette proportion atteint même 10 % chez les hommes de moins de 35 ans.
Un potentiel de près de dix millions d’adultes
Si la consommation reste faible, l’intérêt déclaré pour ces traitements est nettement plus important.
18 % des Français estiment qu’ils pourraient prendre des médicaments GLP-1 pour maigrir, dont 5 % « certainement » et 13 % « probablement ».
En intégrant les utilisateurs actuels, l’Ifop évalue la population potentiellement concernée à 19 % des adultes, soit près de dix millions de personnes.
Cette proportion se rapproche de celle observée aux États-Unis, où 22 % des non-utilisateurs se déclaraient intéressés par ces traitements, selon les données comparatives mobilisées par l’institut.
L’enquête met toutefois en évidence des différences selon l’âge et le sexe. Chez les femmes, l’intérêt atteint notamment 28 % parmi les 35-49 ans, 23 % chez les 25-34 ans et 20 % chez les 18-24 ans.
Pour autant, ces intentions ne constituent pas une prévision de consommation effective. Le prix des traitements, leur délivrance sur ordonnance et leur acceptabilité restent des freins importants.
L’écart entre les 2 % d’utilisateurs actuels et les 19 % de consommateurs potentiels illustre néanmoins l’ampleur de la demande qui pourrait émerger autour de ces médicaments.
L’image corporelle et les réseaux sociaux au centre des motivations
L’un des enseignements les plus marquants de l’étude concerne les motivations des consommateurs potentiels.
Sans surprise, l’intérêt pour les GLP-1 augmente avec la corpulence et la perception d’un excès de poids. Il atteint notamment 35 % des hommes et 40 % des femmes en situation d’obésité, selon les catégories retenues dans l’enquête.
Mais le regard porté sur son propre corps joue également un rôle déterminant.
L’Ifop observe ainsi une relation particulièrement forte entre l’exposition aux contenus consacrés à la beauté sur les réseaux sociaux et l’intérêt pour les médicaments amaigrissants.
Parmi les femmes consultant quotidiennement des contenus beauté, 44 % se disent prêtes à prendre des GLP-1, contre 17 % de celles qui en consultent moins souvent.
Cet écart souligne l’influence potentielle des représentations corporelles et des standards esthétiques dans l’attrait pour ces traitements.
Pour François Kraus, directeur de pôle à l’Ifop, les résultats mettent en évidence une demande qui dépasse les seules indications médicales des médicaments anti-obésité.
L’enjeu ne concerne donc plus uniquement la prise en charge de l’obésité, mais aussi la place croissante des solutions pharmacologiques dans les stratégies individuelles de gestion du poids.
Le risque d’un marché parallèle
C’est sans doute le résultat le plus préoccupant de l’enquête.
41 % des consommateurs potentiels de GLP-1 déclarent qu’ils pourraient s’en procurer sans prescription médicale, notamment auprès de pharmacies étrangères ou de sites non autorisés.
Selon l’estimation présentée par l’Ifop, cette disposition représenterait plusieurs millions d’adultes en France.
Le phénomène concerne particulièrement les personnes qui ne répondent pas nécessairement aux critères médicaux d’accès aux traitements.
Ainsi, parmi les candidats aux GLP-1, environ la moitié de ceux présentant une corpulence normale envisageraient un approvisionnement sans ordonnance, contre un peu plus d’un tiers des personnes en situation d’obésité.
Certaines populations apparaissent également plus disposées à emprunter ces circuits, notamment les jeunes adultes, les habitants des grandes agglomérations et les personnes fortement exposées aux contenus beauté.
Chez les femmes de 25 à 34 ans intéressées par les GLP-1, cette proportion atteint 62 %.
Ces résultats mesurent des intentions déclarées et non des achats effectivement réalisés. Ils mettent néanmoins en évidence un risque de contournement des circuits de prescription et de dispensation.
Darwin Nutrition rappelle à ce titre que ces médicaments sont destinés à des indications médicales précises et que leur utilisation sans suivi médical peut exposer à des risques, notamment nutritionnels et musculaires.
Quelles implications pour le marché de la nutraceutique ?
Au-delà du marché pharmaceutique, cette étude apporte un éclairage intéressant sur l’évolution des attentes des consommateurs en matière de gestion du poids et de santé métabolique.
La médiatisation des GLP-1 contribue à transformer les conversations autour de l’appétit, de la satiété, du métabolisme et des stratégies de perte de poids.
Pour les acteurs de la nutraceutique, plusieurs questions émergent.
La première concerne l’évolution des besoins nutritionnels des personnes suivant un traitement amaigrissant, notamment en matière d’apports protéiques, de préservation de la masse musculaire et d’équilibre alimentaire.
La deuxième porte sur les attentes d’une population beaucoup plus large, intéressée par la gestion du poids mais ne relevant pas nécessairement d’une prise en charge médicamenteuse.
Enfin, l’enquête rappelle l’importance de distinguer les approches nutritionnelles des traitements pharmacologiques. Les compléments alimentaires ne peuvent être présentés comme des équivalents aux médicaments GLP-1, dont les indications, les mécanismes et l’encadrement réglementaire sont spécifiques.
L’enjeu pour la filière pourrait donc résider davantage dans le développement de solutions nutritionnelles documentées, adaptées à des besoins clairement identifiés, que dans la recherche d’une promesse de substitution aux traitements médicamenteux.
Une chose apparaît déjà : même si leur utilisation reste encore limitée en France, les GLP-1 influencent les attentes et les représentations des consommateurs. Une évolution que les industriels de la nutrition-santé devront suivre attentivement.
Source : Étude Ifop pour Darwin Nutrition réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 17 au 21 mai 2026 auprès d’un échantillon de 3 004 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.
Résultats publiés le 2 novembre 2026.
Consulter l’analyse complète de Darwin Nutrition
GLP-1: nearly one in five French people willing to use anti-obesity drugs
Whilst treatments based on GLP-1 analogues are experiencing spectacular growth in the United States, their use remains limited in France. However, a new Ifop study for Darwin Nutrition reveals significant potential for uptake: nearly one in five adults say they are willing to use them to lose weight. This trend raises questions about consumers’ motivations, the influence of social media and the risks of a parallel market developing.
Use still marginal in France
Could the GLP-1 phenomenon take on a scale in France comparable to that seen across the Atlantic? This is the question addressed by Ifop in a survey carried out for Darwin Nutrition amongst 3,004 French people, the results of which were unveiled on 2 November 2026.
First finding: despite extensive media coverage of treatments such as Ozempic and Wegovy, their use remains relatively limited in France.
According to the study, 4 per cent of French people say they have already used this type of anti-obesity medication to lose weight, whilst 2 per cent say they are currently taking it.
By way of comparison, US data cited in the survey show that 15 per cent of adults have already used these treatments and 11 per cent were using them at the time of the survey.
France therefore still lags far behind the United States.
This use also remains very much in the minority compared with other weight-management practices. For instance, 66 per cent of French people say they have tried to lose weight by eating more healthily, 49 per cent by taking part in physical activity and 20 per cent by consulting a dietitian.
As for fat-burning or appetite-suppressing dietary supplements, these have already been used by 15 per cent of those surveyed.
Another notable finding highlighted by Ifop is that, unlike most other weight-loss solutions, the use of anti-obesity medication appears to be more common amongst men than women, with 6 per cent of men using them compared with 4 per cent of women. This proportion even rises to 10 per cent among men under 35.
A potential market of nearly ten million adults
Whilst usage remains low, the stated interest in these treatments is significantly higher.
18 per cent of French people believe they might take GLP-1 medication to lose weight, with 5 per cent saying ‘definitely’ and 13 per cent ‘probably’.
Including current users, Ifop estimates the potential target population at 19 per cent of adults, or nearly ten million people.
This proportion is similar to that observed in the United States, where 22 per cent of non-users said they were interested in these treatments, according to comparative data compiled by the institute.
However, the survey highlights differences according to age and gender. Among women, interest stands at 28 per cent among those aged 35–49, 23 per cent among those aged 25–34 and 20 per cent among those aged 18–24.
Nevertheless, these intentions do not constitute a prediction of actual consumption. The cost of the treatments, the fact that they are available only on prescription, and their acceptability remain significant barriers.
The gap between the 2 per cent of current users and the 19 per cent of potential consumers nevertheless illustrates the scale of the demand that could emerge for these medicines.
Body image and social media at the heart of motivations
One of the most striking findings of the study concerns the motivations of potential consumers.
Unsurprisingly, interest in GLP-1 drugs increases with body size and the perception of being overweight. In particular, it reaches 35 per cent of men and 40 per cent of women classified as obese, according to the categories used in the survey.
However, how people view their own bodies also plays a decisive role.
Ifop has therefore observed a particularly strong link between exposure to beauty-related content on social media and interest in weight-loss medicines.
Among women who view beauty content daily, 44 per cent say they are willing to take GLP-1, compared with 17 per cent of those who view such content less frequently.
This disparity highlights the potential influence of body image and aesthetic standards on the appeal of these treatments.
For François Kraus, division director at Ifop, the results highlight a demand that goes beyond the purely medical indications for anti-obesity drugs.
The issue therefore no longer concerns solely the management of obesity, but also the growing role of pharmacological solutions in individual weight management strategies.
The risk of a black market
This is undoubtedly the most worrying finding of the survey.
41 per cent of potential GLP-1 users state that they could obtain it without a medical prescription, notably from overseas pharmacies or unauthorised websites.
According to the estimate presented by Ifop, this would represent several million adults in France.
This phenomenon particularly affects people who do not necessarily meet the medical criteria for access to these treatments.
Thus, amongst those considering GLP-1, around half of those of normal weight would consider obtaining it without a prescription, compared with just over a third of those who are obese.
Certain groups also appear more willing to use these channels, notably young adults, residents of large urban areas and people heavily exposed to beauty-related content.
Among women aged 25 to 34 interested in GLP-1, this proportion reaches 62 per cent.
These results reflect stated intentions rather than actual purchases. Nevertheless, they highlight a risk of bypassing the prescription and dispensing channels.
In this regard, Darwin Nutrition points out that these medicines are intended for specific medical conditions and that their use without medical supervision may expose users to risks, particularly nutritional and muscular risks.
What are the implications for the nutraceuticals market?
Beyond the pharmaceutical market, this study sheds interesting light on changing consumer expectations regarding weight management and metabolic health.
Media coverage of GLP-1s is helping to transform conversations around appetite, satiety, metabolism and weight-loss strategies.
For players in the nutraceutical sector, several questions arise.
The first concerns the changing nutritional needs of people undergoing weight-loss treatment, particularly in terms of protein intake, the preservation of muscle mass and a balanced diet.
The second relates to the expectations of a much wider population interested in weight management but not necessarily requiring medical treatment.
Finally, the survey highlights the importance of distinguishing between nutritional approaches and pharmacological treatments. Dietary supplements cannot be presented as equivalents to GLP-1 medicines, which have specific indications, mechanisms of action and regulatory frameworks.
The challenge for the sector may therefore lie more in developing evidence-based nutritional solutions, tailored to clearly identified needs, than in seeking to offer an alternative to drug treatments.
One thing is already clear: even though their use remains limited in France, GLP-1 drugs are shaping consumers’ expectations and perceptions. This is a trend that manufacturers in the health and nutrition sector will need to monitor closely.
Source: Ifop survey for Darwin Nutrition, conducted via a self-administered online questionnaire between 17 and 21 May 2026 amongst a sample of 3,004 people, representative of the French population aged 18 and over.
Results published on 2 November 2026.
View the full analysis by Darwin Nutrition