Santé mentale : un enjeu massif qui redessine les attentes des Français

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07.04.2026

À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, ce 7 avril, la santé mentale s’impose plus que jamais comme un enjeu majeur. Une étude récente réalisée par Toluna pour Synadiet révèle que 82 % des Français déclarent être confrontés à au moins un trouble psychique. Un niveau inédit, qui dépasse le seul champ médical et interpelle l’ensemble des acteurs de la prévention, du bien-être et de la santé.

Un mal-être diffus devenu structurel

Troubles du sommeil (67 %), fatigue physique (62 %), stress et anxiété (60 %), fatigue mentale (54 %) : les symptômes les plus répandus traduisent un déséquilibre généralisé des rythmes de vie.

Loin d’être ponctuels, ces troubles s’installent dans la durée. Une majorité des personnes concernées évoquent des difficultés persistantes depuis plus d’un an, avec des impacts significatifs sur la vie professionnelle (35 %), familiale (36 %) et sociale (35 %).

Autre signal fort : la progression des formes sévères. Plus d’un tiers des Français déclarent avoir souffert de dépression ou de burn-out au cours de l’année écoulée.

Femmes et jeunes : des publics prioritaires

L’étude met en évidence des disparités marquées. Les femmes apparaissent particulièrement exposées, tant en volume qu’en intensité des troubles : stress, fatigue, troubles du sommeil y sont systématiquement plus élevés que chez les hommes.

Même tendance chez les jeunes adultes. Les 18-24 ans concentrent des niveaux particulièrement élevés de fatigue mentale (91 %), de stress (87 %) et de troubles du sommeil (78 %). Plus globalement, près d’un jeune sur deux déclare un mauvais état psychologique.

Ces données confirment l’émergence de publics prioritaires, dont les attentes spécifiques redessinent les approches en matière de prévention et d’accompagnement.

Des déterminants multiples, à la croisée des enjeux sociaux

Si les troubles sont largement partagés, leurs causes varient fortement selon les profils. Les jeunes évoquent principalement la charge de travail, l’isolement ou les déséquilibres de mode de vie. Les femmes pointent davantage les tensions financières et les préoccupations familiales.

Chez les plus de 50 ans, le contexte politique et social devient un facteur déterminant, tandis que les seniors citent en premier lieu leurs problématiques de santé.

Une lecture qui confirme que la santé mentale est aujourd’hui indissociable des conditions de vie et des mutations sociétales.

Des freins persistants à l’accompagnement

Malgré l’ampleur du phénomène, le passage à l’action reste limité. Près d’un quart des Français déclarent gérer seuls leurs difficultés. D’autres ne jugent pas leur situation suffisamment grave ou expriment des freins liés à la stigmatisation.

L’enjeu économique reste également central : le coût des consultations et des solutions est identifié comme un obstacle majeur par une part significative des répondants.

Le Dr Patrick Lemoine alerte sur une situation qui tend à se dégrader :
« Malheureusement, rien ne change ou plutôt tout s’aggrave : rien n’est fait pour augmenter l’attractivité de la psychiatrie […] On est dans un cercle vicieux : moins il y a de psychiatres, plus le travail est pénible et donc moins la psychiatrie est choisie. »

L’essor des approches complémentaires et naturelles

Dans ce contexte, les Français diversifient leurs réponses. Les produits de santé naturelle — compléments alimentaires, phytothérapie, aromathérapie — s’inscrivent progressivement dans les parcours de gestion du stress, du sommeil ou de l’humeur.

Une évolution également observée en pratique clinique.
« On constate de plus en plus une demande de moins de médicaments et de plus de techniques perçues comme naturelles », souligne le Dr Lemoine, qui évoque également une tendance à alléger les prescriptions : « Je passe ma vie à déprescrire dans mes ordonnances. »

Près d’un quart des personnes souffrant de troubles du sommeil et près d’un cinquième de celles confrontées au stress ou à l’anxiété y ont recours. Un usage qui s’accompagne d’un fort niveau de satisfaction et qui traduit une attente croissante pour des solutions plus globales.

Cette dynamique s’inscrit dans une approche holistique de la santé mentale, intégrant hygiène de vie et régulation des rythmes biologiques.
« J’insiste beaucoup sur ce que j’appelle l’hygiène des rythmes […] cette approche holistique est pour moi une deuxième nature », précise le spécialiste.

Un enjeu stratégique pour les acteurs du secteur

Pour les professionnels de la santé et du bien-être, ces évolutions dessinent de nouvelles opportunités mais aussi de fortes responsabilités. Sensibilisation, accessibilité des solutions, pédagogie et complémentarité des approches deviennent des leviers clés.

« Il est essentiel d’accompagner en priorité les femmes et les jeunes, en combinant suivi médical, hygiène de vie et solutions adaptées », souligne Christelle Chapteuil, vice-présidente de Synadiet.

Dans un contexte de demande croissante et de tension sur l’offre de soins, la santé mentale s’impose ainsi comme un champ stratégique, au croisement de l’innovation, de la prévention et des attentes sociétales.

Synadiet, un acteur engagé de la santé globale

Syndicat national du complément alimentaire, Synadiet fédère depuis 1950 les acteurs de la filière des produits de santé naturelle en France. À travers cette étude, l’organisation entend contribuer à une meilleure prise de conscience des enjeux de santé mentale et promouvoir des approches complémentaires, accessibles et responsables, au service du bien-être de la population.


Mental health: a massive issue reshaping the expectations of the French public

To mark World Health Day on 7 April, mental health is emerging more than ever as a major issue. A recent study carried out for Synadiet reveals that 82% of French people say they are affected by at least one mental health condition. An unprecedented level, which goes beyond the medical field alone and calls for action from all stakeholders in prevention, wellbeing and health.

A widespread sense of unease that has become structural

Sleep disorders (67%), physical fatigue (62%), stress and anxiety (60%), mental fatigue (54%): the most common symptoms reflect a widespread imbalance in daily rhythms.

Far from being occasional, these issues are becoming long-term. A majority of those affected report persistent difficulties lasting over a year, with significant impacts on their professional (35%), family (36%) and social (35%) lives.

Another strong indicator: the rise in severe cases. More than a third of French people report having suffered from depression or burnout over the past year.

Women and young people: priority groups

The study highlights marked disparities. Women appear particularly vulnerable, both in terms of the prevalence and severity of the issues: stress, fatigue, sleep disorders are consistently higher among women than among men.

The same trend is seen among young adults. Those aged 18–24 exhibit particularly high levels of mental fatigue (91%), stress (87%) and sleep disorders (78%). More broadly, nearly one in two young people report being in a poor psychological state.

These findings confirm the emergence of priority groups, whose specific needs are reshaping approaches to prevention and support.

Multiple determinants, at the crossroads of social issues

While these issues are widely shared, their causes vary significantly depending on individual circumstances. Young people mainly cite workload, isolation or lifestyle imbalances. Women are more likely to highlight financial pressures and family concerns.

Among the over-50s, the political and social context becomes a key factor, whilst older people cite health issues as their primary concern.

This analysis confirms that mental health is now inextricably linked to living conditions and societal changes.

Persistent barriers to support

Despite the scale of the issue, action remains limited. Nearly a quarter of French people say they cope with their difficulties alone. Others do not consider their situation serious enough or cite barriers linked to stigma.

The economic issue also remains central: the cost of consultations and treatment is identified as a major obstacle by a significant proportion of respondents.

Dr Patrick Lemoine warns of a situation that is tending to deteriorate:

“Unfortunately, nothing is changing, or rather, everything is getting worse: nothing is being done to make psychiatry more attractive […] We are in a vicious circle: the fewer psychiatrists there are, the more demanding the work becomes, and therefore the less likely people are to choose psychiatry. ”

The rise of complementary and natural approaches

Against this backdrop, the French are diversifying their approaches. Natural health products — dietary supplements, herbal medicine, aromatherapy — are gradually becoming part of strategies for managing stress, sleep or mood.

A trend also observed in clinical practice.

“We are seeing an increasing demand for fewer drugs and more techniques perceived as natural,” notes Dr Lemoine, who also mentions a trend towards reducing prescriptions: “I spend my life delisting items from my prescriptions.”

Nearly a quarter of people suffering from sleep disorders and nearly a fifth of those dealing with stress or anxiety use them. This use is accompanied by a high level of satisfaction and reflects a growing demand for more comprehensive solutions.

This trend is part of a holistic approach to mental health, incorporating a healthy lifestyle and the regulation of biological rhythms.

“I place great emphasis on what I call ‘rhythm hygiene’ […] this holistic approach is second nature to me,” explains the specialist.

A strategic challenge for industry stakeholders

For health and wellbeing professionals, these developments present new opportunities but also significant responsibilities. Awareness-raising, accessibility of solutions, education and complementary approaches are becoming key drivers.

“It is essential to prioritise support for women and young people, combining medical care, healthy living and tailored solutions,” emphasises Christelle Chapteuil, Vice-President of Synadiet.

Against a backdrop of growing demand and pressure on healthcare provision, mental health is thus emerging as a strategic field, at the crossroads of innovation, prevention and societal expectations.

Synadiet, a committed player in holistic health

As the national trade association for dietary supplements, Synadiet has been bringing together stakeholders in the natural health products sector in France since 1950. Through this study, the organisation aims to raise awareness of mental health issues and promote complementary, accessible and responsible approaches that contribute to the well-being of the population.

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